Communiqué du 29/12/17

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Communiqué de Presse – 29 décembre 2017

 

 

Les grands éditeurs de LA presse détruisent son réseau de distribution

 

Les grands groupes d’édition de la presse quotidienne et de la presse magazine, désignés comme les « premiers éditeurs » (Le Monde, Les Echos, Le Figaro, Bayard, Prisma Media, Mondadori, Bauer…), ont la maîtrise totale de la principale messagerie de presse (Presstalis) et de son instance de contrôle (le CSMP).

 

Le pouvoir sans partage dont ils disposent leur donne les moyens de provoquer volontairement :

– l’élimination accélérée des marchands de presse indépendants,

– la destruction de l’économie des éditeurs ne faisant pas partie de leur groupe d’intérêts,

– la conversion du réseau de distribution collectif établi par loi Bichet de 1947 en système concurrentiel soumis à la loi du plus fort.

 

Depuis près d’un an, cette collusion des « premiers éditeurs » a mis en œuvre d’impressionnants moyens pour parvenir à ses fins, dont voici les deux principaux :

 

– en laissant récemment apparaître comme inévitable une cessation de paiement de Presstalis, alors qu’ils en maîtrisent totalement l’administration et pouvaient prendre les mesures nécessaires bien en amont des problèmes prétextés, ils imposent sans discussion un gel de 25% des recettes des éditeurs, de manière à provoquer la faillite d’une majorité des petites et moyennes entreprises du secteur.

 

– en développant le projet d’ouvrir dans les centre-villes de la France entière des points de vente dans les supérettes, destinés à ne proposer au public qu’une sélection de titres les plus vendeurs, ils ont la volonté de ruiner directement les marchands de presse indépendants, et les éditeurs de presse spécialisée qui n’auront pas accès à ces points de vente.

 

Ne les laissons plus mentir !

 

Louis Dreyfus, PDG du groupe Le Monde a affirmé récemment dans la presse : « Chacun doit se rendre compte que si Presstalis devait rencontrer de graves difficultés, les premiers touchés seraient les diffuseurs ». Mais s’il se préoccupe tant des marchands de journaux, pourquoi laisse-t-il distribuer gratuitement Le Monde dans les TGV et dans les avions de ligne, ou offrir l’abonnement à la version numérique du journal à partir de 1 € par mois ?

 

En réalité, les « premiers éditeurs » se trouvent directement à l’origine de tous les problèmes que connaît la filière de distribution de la presse, d’une part en raison de l’absence de réalisme des décisions qu’ils ont imposées à tous via le CSMP, d’autre part par leur implication directe dans la gestion désastreuse et les réformes inopérantes de la messagerie Presstalis, qui distribue les trois quarts de la presse française.

 

Les éditeurs indépendants que représente le SAEP refusent l’amalgame entre le cynisme de quelques éditeurs, financés par des capitaux étrangers ou appartenant à de grandes fortunes, et l’ensemble du secteur économique de la presse française, représenté par le maillage national de milliers d’entreprises et de dizaines de milliers d’emplois de proximité.

 

Les éditeurs indépendants refusent les décisions univoques et la négation de la démocratie dans les instances de la filière.

 

Si la communauté nationale doit se soucier de préserver la pluralité culturelle de la presse au nom de la démocratie, elle n’a pas à être mise à contribution des dérives d’une entreprise commerciale gérée de manière indépendante par des éditeurs qui y ont imposé leurs choix.

 

Nous demandons à l’Etat de ne plus se faire le financier complaisant et à répétition des orientations destructrices imposées par l’oligarchie des « premiers éditeurs ». La situation de Presstalis étant de leur unique responsabilité, les pouvoirs publics doivent les contraindre à en assumer seuls les conséquences.

 

Surtout, comme garant de la pluralité démocratique, l’Etat doit orienter son action immédiate dans la préservation des milliers d’entreprises mises en difficulté par la seule responsabilité de quelques-uns, autour d’un plan de réorganisation associant tous les éditeurs et tous les marchands de presse autour d’instances réellement représentatives de leurs professions.

 

 

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La réalité de la presse en France

 

La filière de distribution de la presse est contrôlée par moins de 20 sociétés seulement sur un total de 1 070 éditeurs de presse !

 

Les éditeurs indépendants, souvent des TPE/PME créées par des passionnés comptant environ  1 000 entreprises proposant plus de 2 500 titres spécialisés, représentent toute la diversité culturelle et l’attractivité de la presse écrite, face à la banalisation des grands médias.

Ces éditeurs n’ont actuellement aucune représentation dans les instances de régulation de la filière, et ne peuvent être tenus pour responsables de la situation catastrophique de Presstalis, dont il sont écartés de la gouvernance.

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